Pour une Nouvelle Russie : Nouvelle Politique Etrangère, Réparations et Statut de la Crimée




Economie - Politique étrangère - Constitution et valeurs


Ce sont les trois piliers et les trois plus grands besoins de la Russie de demain. En effet, le résultat de la politique actuelle de la Russie sera la destruction de l’économie russe, son humiliation sur la scène internationale et son chaos interne. La Nation dans son ensemble souhaitera qu’un nouveau pouvoir puisse régler ses questions au plus vite. Pour le citoyen lambda l’aspect le plus important sera forcément l’économie (donc son bien-être) mais il se trouve que ces trois piliers de la société russes sont intimement liés:


Ainsi pour que l’économie redémarre il faudra une nouvelle ouverture sur l’économie mondiale et des investissements massifs (qui ne pourront se faire sur le seul budget de l’Etat) ce qui sous-entend forcément une nouvelle politique étrangère. Pour que cette politique étrangère soit crédible il faudra présenter au monde un nouveau visage, il faudra donc réformer profondément la Russie de l’intérieur pour convaincre.


Donc il y a une suite logique entre Économie - Politique étrangère - Constitution.


Je traiterai des idées constitutionnelles en dernier car ce débat nous obligera à penser à l’essence même de ce qu’est la Russie, de ce qu’elle doit être pour minimum les trois siècles à venir, et sur comment éviter les erreurs du passé. Mais aujourd’hui il est l’heure d’exposer les fondements d’une nouvelle politique étrangère. Comme nous avons vu lors de l’article précédent, le problème russe c’est l’impérialisme. Toutefois l’impérialisme fait partie de l’âme russe et de son identité. De plus, je reste fermement persuadé que la Russie doit conquérir son rang dans le monde. Alors comment réconcilier ses besoins contradictoires ? La solution que je propose est une substitution : l’abandon de l’Impérialisme de domination pour le remplacer par un modèle d’attraction.


Modèle d’attraction


Ce que la Russie de demain doit viser, c’est un modèle d’attraction de ses voisins. Elle doit pour ce faire devenir exemplaire. Ses valeurs, son économie, ses libertés et droits humains doivent être irréprochables. Je ne dis pas que la Russie doit devenir comme les Etats européens (surtout les Etats de l’Europe de l’Ouest) mais qu’elle doit les dépasser. La Russie doit avoir une cohérence idéologique et politique telle qu’elle soit capable d’innover dans tous les domaines, y compris ceux des droits humains.


Je ferais un article complet sur la révision et le renforcement des droits humains prochainement mais il faut comprendre que pour la politique étrangère les valeurs, l’économie et l'attractivité sont indissociables. Si la Russie réussit dans ses objectifs elle sera le moteur de progrès similaires dans les pays qui lui sont limitrophes et deviendra donc le cœur de l’intégration dans cet espace post-soviétique. Mon mémoire de Master se termine d’ailleurs sur cette note : aucun progrès n’est possible dans l’espace post-soviétique tant que la Russie n’aura pas réussi à se réformer de l’intérieur. (A noter : mon mémoire est en cours d’amendement et de publication sur ce blog et comporte beaucoup d’éléments qui mettent en lumière la dynamique intégrative d’un espace cohérent qu’on appelle malheureusement “soviétique” et “post-soviétique”).


L’essentiel est toutefois de comprendre qu’à l’image d’une Union européenne qui s’intègre de plus en plus avec en son cœur le couple franco-allemand, la Russie est capable de créer un nouvel espace dynamique entre l’Europe et l’Asie. Mais pour réussir dans ce domaine elle doit abandonner ses rêves d’un retour de l’Union Soviétique (à comprendre Etat unitaire avec comme centre décisionnel Moscou) à un modèle de soft-power à l’américaine. Et cela veut dire que son rayonnement dépend de ses réformes internes (que le pouvoir refuse de mener pour des raisons évidentes : ce serait la fin de son existence et de ses bénéfices issus du vol et des privilèges étatiques).


Le résultat serait alors que la Russie serait puissante (et plus puissante qu’elle ne l’est aujourd’hui) parce qu’elle serait enviable et attirante. Pas parce qu’elle serait brutale et dominante. Et pour commencer à bâtir les fondements de cette politique étrangère il faudrait mener des réformes constitutionnelles et internes significatives et mettre en avant une politique de bonne volonté dans la politique étrangère. Un volet important sera bien sûr la réforme de l’armée mais nous y reviendrons une autre fois.


Je vais donc désormais me concentrer sur cette nouvelle politique étrangère en présentant le point de départ de toute nouvelle politique : les réparations et la régulation de la crise ukrainienne actuelle.


Réparations et Régulation de la crise ukrainienne


Réparations


Dès la fin des hostilités, il faudra mettre en place un plan rigoureux de réparations de la Russie vers l’Ukraine. Bien sûr le contexte de la fin des hostilités reste flou mais dans le cadre d’une Révolution il semble évident que ce sera essentiellement une évacuation des troupes russes de tous les territoires occupés depuis le 24 Février 2022 (la Crimée est une autre histoire …).


Les réparations devront d’abord être calculées sur des paramètres objectifs et il serait prudent de mener ce calcul soit via des estimations ukrainiennes et russes en travail conjoint ou via des calculs menés séparément par les autorités des deux pays et ensuite “arbitrées” par un Tribunal Arbitral ad hoc institué pour l’occasion et qui tranchera sur le chiffre exact de ses réparations.


De premier abord, il me semble qu’il y a trois préjudices principaux à réparer : le préjudice matériel causé à l’Ukraine en tant qu’Etat/Nation/Communauté (donc les routes, les ponts, les immeubles, etc …), le préjudice matériel causé aux personnes (destruction de propriété privée, vol, crimes commis contre la population civile et militaire …) et dommage moral causé aux personnes (stress post-traumatique, problèmes psychologiques, perte d’un être cher, viol, etc …).


Tous ces dommages doivent être réparés dans leur intégralité et on peut même y ajouter une forme “d’amende dissuasive” qui irait au-delà du calcul final pour montrer l’exemple.


La nature des réparations peut être de forme pécuniaire (donc une somme précise) tout comme elle peut avoir une forme physique concrète (reconstruction menée directement par les citoyens russes, travail de personnel russe sur le territoire ukrainien en vue de réparer le dommage).


Mais le geste le plus important me semble être le besoin de créer un lien direct entre dommage subi et réparation menée par la Russie. Par cela je veux dire qu’il faut sortir du schéma classique des réparations en droit international à savoir le paiement d’une somme d’une Gouvernement A à un Gouvernement B qui ensuite redistribue cette somme parmi ces citoyens.


Ce qu’il faut faire c'est plutôt payer directement la somme due au Gouvernement ukrainien pour les préjudices causés à la Nation ukrainienne dans son ensemble et ensuite de mettre en place un système de réclamation personnelle pour les citoyens ukrainiens auprès des autorités russes pour leur préjudice individuel. Cela sous-entend bien sûr la mise en place d’une Administration Temporaire des Réparations et de guichets ouverts en Ukraine facilement disponibles d’accès aux citoyens ukrainiens.


Ainsi un ukrainien, ayant en mains un justificatif délivré par les autorités ukrainiennes et validé par une instance internationale pourrait venir à un guichet russe pour obtenir sa réparation directement et sans intermédiaire national.


Ce mécanisme permettrait d’atteindre deux objectifs : montrer au peuple ukrainien que c’est la Russie qui paye directement pour le dommage qu’elle a causé (et c’est un pas important dans le pardon que la Russie doit demander au peuple ukrainien et sans lequel il ne peut y avoir de reprise des relations bilatérales entre les deux pays) et aussi également éviter le vol et la malversation par le Gouvernement ukrainien qui pourrait utiliser les sommes payées par la Russie pour soulager les victimes de la Guerre à d’autres desseins (et il ne s’agit pas ici de critiquer le Gouvernement ukrainien mais d’éviter des scénarios similaires qui ont déjà eu lieu par le passé dans d’autres circonstances).


Mais le paiement de réparations n’est pas suffisant, il faut aussi régler les questions territoriales. Et la grande question territoriale sera le destin de la Crimée.


Crimée


Le destin de la Crimée ne peut être réglé que par une seule voie : le référendum.


L’expression souveraine du peuple de Crimée peut trancher la question de son appartenance de telle manière que ni la Russie ni l’Ukraine ne pourraient la contester. Et tant qu’un référendum n’aura pas lieu, le conflit durera.


Car le problème est que la Crimée ne peut rester russe tant que l’Ukraine n’a pas renoncé à ses droits sur ce territoire, et elle ne peut davantage être ukrainienne sans garanties préalables car la population de Crimée est profondément attachée à la Russie et est majoritairement russophone et d’origine russe.


Il est important de comprendre ici beaucoup de notions de droit international assez compliqués (que je développerai dans un article dédié) mais le résumé peut être dit de cette façon : sans traité ou sans décision contraignante de la Cour Internationale de Justice, le droit national russe crait une situation qui, même si elle est contraire à l’ordre constitutionnel ukrainien et aux engagements internationaux de la Russie (avant 2014) ne peut être simplement ignorée et balayée d’une main. Le seul droit qui doit exister est celui qui prend en compte la situation sur le terrain. Réfuter la réalité post 2014 serait aussi efficace que de dire qu’il aurait fallu avorter donc il faut maintenant tuer l’enfant car il faut revenir à la situation antérieure … En d’autres termes, on ne peut réparer une injustice par une autre injustice. La seule solution est donc une remise à zéro : la Crimée n’appartient ni à l’Ukraine, ni à la Russie, et c’est au peuple de Crimée de trancher leur propre destin. Après tout, l’Ukraine se bat pour la Liberté et la Démocratie, tout comme le fera la Nouveau Pouvoir Russe. On peut bien se mettre d’accord sur le droit souverain des peuples de disposer d’eux-mêmes non ?


De plus s’’il n’y a pas de référendum, l’Ukraine lancera un assaut sur la Crimée pour récupérer son territoire perdu en 2014 et forte d’équipements occidentaux, l’attaque a des chances de faire monter l’escalade entre les deux pays en forçant la Russie à la mobilisation et à la préparation de l’usage de son arsenal nucléaire. Il faut donc à tout prix éviter ce scénario catastrophique.


Mais la Russie ne peut pas non plus donner ce territoire à l’Ukraine comme elle peut le faire pour Kherson, Zaporojie ou autre … Car ce serait trahir ses compatriotes, vendre ses propres citoyens pour une paix honteuse et la perte d’un territoire stratégique sur la Mer Noire et abandonner sa flotte à Sébastopol … Une telle trahison ferait le jeu des revanchistes qui éventuellement prendraient le pouvoir et diront que “Poutine avait raison” et pourront commencer un conflit encore plus meurtrier et dangereux. L’abandon de la Crimée par une nouveau pouvoir en Russie est purement suicidaire. Qu’il soit libéral, socialiste ou autre, le nouveau Gouvernement Provisoire russe ne pourra pas prendre une telle décision.


Il faudra donc, après la signature d’un armistice mettre rapidement en place dans le traité de paix entre les deux pays une disposition qui prévoirai un référendum en Crimée pour trancher définitivement la question. Les deux pays étant signataires dudit traité, ils devront respecter le résultat du référendum.


Mais ce référendum ne peut se faire n’importe comment. Il devra être organisé soit par un comité mixte entre la Russie et l’Ukraine, soit complètement organisé par l’ONU. De plus les intérêts des deux pays doivent être garantis PEU IMPORTE le résultat obtenu, à comprendre :


  • Si la Crimée choisit d’être ukrainienne, le droit de propriété des citoyens russes en Crimée doit être garanti. Il ne pourra y avoir de discrimination entre citoyens russes et ukrainien en Crimée. Un régime de libre circulation doit exister entre l’Ukraine et la Russie en ce qui concerne la Crimée. La Russie maintient sa flotte à Sébastopol contre le paiement d’une rente.

  • Si la Crimée choisit d’être russe, les mêmes garanties (exceptée concernant la flotte de la Mer Noire) devront être accordées à la partie ukrainienne.


Bien sûr une troisième voie est possible : l’indépendance pure et simple de la Crimée en tant que nouvel État neutre entre la Russie et l’Ukraine. Donc le référendum devra se faire en deux temps. D’abord la question de savoir si le peuple de Crimée veut être indépendant ou être rattaché à l’un des deux Etats. Et ensuite, si le peuple de Crimée choisit la deuxième option, on pose la question de savoir vers quel État il préfère poser son allégeance.


Conclusion


Si la question des réparations, de l'appartenance de la Crimée et du nouveau modèle de politique étrangère seront réglés, alors la Russie aura fait preuve de bonne foi à l’international et aura montré un nouveau visage. Si ses réformes intérieures sont menées à bien, elle pourra devenir un nouveau centre d’attraction dans le monde. Si son nouveau modèle libéral pourra convaincre les puissances étrangères, les sanctions seront levées et les doutes concernant les Russes et la Nouvelle Russie disparaîtront. Ainsi la réforme interne, soutenue par une réforme de la politique étrangère pourra rouvrir le progrès économique. La Nouvelle Russie pourra à nouveau respirer, progresser, vivre sereinement et qui sait ? Peut être même reprendre son rang parmi les Grandes Puissances Mondiales. Tout cela, ce sera le résultat d’une Révolution. Une Révolution nécessaire pour la survie de la Mère-Patrie, de la survie du monde, et de la garantie de notre avenir à tous.


Il n’y a donc qu’une seule solution : la Révolution. La Révolution qui changera la Russie pour la rendre plus respectable mais aussi plus forte. Elle sera l’exemple d’un modèle de politique étrangère d’attraction.


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