XXI : Egoïsme et Responsabilités




Après un hiatus dû à la célébration de mon anniversaire, la chronique reprend !


Aujourd’hui je vais traiter le dernier risque auquel nous devons faire face en ce XXIème siècle : l’égoïsme. Car en effet, au-delà de tous les facteurs extérieurs, c’est le facteur interne de nos sociétés qui m’inquiète. C’est une chose que d’affronter un ennemi en surnombre quand on est des spartiates entraînés au combat, c’en est une tout autre quand tout ce qu’on a c’est des mercenaires qui fuient au premier signe de danger.


L’individu, qui est bien sûr le centre névralgique du modèle libéral, doit être protégé. Mais il ne peut pas primer.


Le problème c’est que depuis quelques décennies, l’individu prime sur tout, y compris les autres. La recherche du succès personnel, y compris par des moyens infâmes visant à écraser les autres, est acceptée par le plus grand norme. S’il n’est pas ouvertement glorifié, tout le monde considère que si quelqu’un a réussi il l’a mérité peu importe les moyens qu’il a déployés. Chacun espère aussi qu’un jour ce sera à son tour de réussir, et ce jour-là il se vengera des autres qui n’ont jamais pensé à lui et leur fera mordre la poussière.


Ce que je décris, c’est un résultat. C’est un constat. Et c’est un constat accablant. Nous sommes allés tellement loin dans l'égoïsme, que même les personnes qui au départ étaient disposées au travail de groupe n’ont d’autre choix que de se replier sur elles-mêmes. L’égoïsme devient donc obligatoire dans un monde de plus en plus inégal et de plus en plus pervers par une lecture erronée du darwinisme.


On nous parle de “darwinisme social” comme étant sain pour la société car les plus forts survivent et les autres périssent. S’ils méritaient de survivre ils n’avaient qu’à être plus forts.


Ce raisonnement est faux car il part d’un postulat erroné : celui qui conçoit la théorie de l’évolution comme étant celle qui favorise le plus fort. La théorie de Darwin n’est pas la “loi du plus fort”. C’est la loi “du plus adaptable”. En effet, Darwin a constaté que dans le monde animal, l’espèce qui survit c’est celle qui est capable de s’adapter à tout changement et à tout choc naturel. En d’autres termes, peut-être une espèce est-elle forte, mais si elle est confrontée à un environnement auquel elle n’est pas adaptée, elle périra car elle ne sera pas adaptable. L’Ours a beau être le prédateur le plus fort du règne animal, il ne peut survivre dans l’océan ou dans le désert. Par contre, d’autres espèces le peuvent.


L’Humain est de loin l’espèce la plus adaptable du règne animal. C’est pour cela que nous dominons la planète. Nous la dominons grâce à trois armes qui nous sont propres : la raison, la technologie, et le travail de groupe. La plus importante de ces armes c’est le travail de groupe. Car ce n’est qu'en travaillant en groupe qu’on peut améliorer nos capacités cognitives (la raison) et contribuer au progrès technologique de notre espèce.


Alors cette “loi du plus fort” va à l’encontre de notre processus évolutionnaire. Elle est un argument utilisé par “les plus forts” (ce qui est discutable d’ailleurs) pour légitimer leur statut. Et tout le monde a accepté leur explication car tout le monde a cru qu’un jour ça pourrait être lui qui soit le plus fort.


C’est comme cela que l’Humanité a oublié l’intérêt général au nom de l’intérêt particulier.


Et l’ironie est que sans intérêt général, il n’y a pas d’intérêt particulier. Notre vision du monde est suicidaire. Et pis encore, elle a crée une Humanité incapable de survivre car incapable de prendre ses responsabilités.


Chaque individu aujourd’hui ne pense qu’à son intérêt. Comment tirer le maximum de profit pour soi sans avoir à en concéder la moindre bribe aux autres. Et prendre ses responsabilités, qui est un élément de la vie d’adulte, disparaît de plus en plus. Car prendre ses responsabilités c’est rendre des comptes. Et plus personne ne veut faire ça.


Les conséquences en sont terribles. Car tout le monde se dit ces phrases si néfastes pour la communauté : “Qu’est-ce que j’y gagne personnellement ?”; “Est-ce mon problème ?”; “Pourquoi dois-je me mouiller moi ?”.


Une des valeurs fondamentales d’une société de citoyens disparaît chaque jour : le sacrifice. Le sacrifice de soi pour la communauté est le roc sur lequel est bâti notre civilisation moderne. Et aujourd’hui plus personne ne veut faire don de ne serait-ce qu’un peu de temps pour les autres.


C’est face à une population comme cela que les démagogues réussissent. Blâmer les autres pour tous les problèmes, se glorifier soi-même pour flatter son égo et nier les réalités car elles sont dérangeantes, c’est le pain béni des populistes. C’est ce genre de déni qui a amené au pouvoir les nazi, ou les autres fanatiques au cours des âges.


Alors il est absolument nécessaire de ramener un sens de Communauté dans nos vies. Un peu d’amour de la Nation dans nos efforts quotidiens et un peu d’amour d’autrui pour qu’il y est un espoir d’avenir.


Je concède que le propos de cet article est un peu poussé, bien sûr qu’il y a des exceptions encore aujourd’hui. Je ne crache bien sûr pas sur les personnes qui font des efforts par ces temps de COVID ou toute personne qui a un bon coeur. Mais je constate une tendance alarmante de la majorité des individus. Et je suis persuadé qu’une horde d’égoïstes ne peut sauver l’Humanité, que ce soit l’Humanité en tant que groupement d’être humains ou l’Humanité en tant qu’ensemble de valeurs.


Voilà tout ce que je voulais dire sur les risques que nous encourons en ce XXIème siècle. On passe désormais à la seconde partie de la chronique, à savoir, les chances que nous avons.


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