XXI : Guerre

Mis à jour : mai 27


Pour emprunter une imagerie connue, je vais utiliser lors des quatres premiers articles de cette chronique, l’allégorie des quatres chevaliers de l’Apocalypse. Ceux-ci sont plus qu’une simple image mythologique, ils sont la personnification de quatres maux qui ont toujours affligé l’Humanité. Il s’agit de la Guerre, de la Famine, de la Pestilence (les maladies) et la Mort. Il faut noter que la logique en est claire, la Guerre entraîne des Famines qui ont pour effet d’affaiblir les systèmes immunitaires ce qui facilite la croissance des épidémies et tous ces éléments contribuent à la mort de masse.


Mais sans vouloir rentrer dans le pessimisme et le macabre, il faut noter que ces éléments ont eu lieu de tous temps. A titre d’exemple on peut citer la Première Guerre Mondiale et la Grippe Espagnole ou encore les Guerres d’Italie et la syphilis. Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil en cette matière et il faut donc simplement faire un état des lieux concernant ces thématiques en ce début de siècle.


La Guerre


Eh bien le premier constat, quelque peu encourageant, est qu’il n’y a plus eu de guerre majeure depuis 1945. Le système de l’ONU, la dissuasion nucléaire et la libéralisation des échanges ont joué un grand rôle dans cette stabilité mondiale. Mais il ne faut pas être naïfs … Le système issu de la Convention de Vienne de 1815 était également sensé être perrain, et ne parlons pas du traité de Versailles et de la Ligue des Nations. De plus, si les guerres dites “conventionnelles” n’ont plus vraiment lieu, elles ont été remplacées par des guerres par proxy comme les Guerres du Vietnam, d’Afghanistan ou encore en Syrie et au Yémen.


En effet, depuis le début du XXIème siècle on assiste non pas à un renforcement de la paix internationale, mais à son affaiblissement. Les Etats où règnent les violences sectaires, religieuses ou ethniques, sont la proie de luttes stratégiques entre diverses puissances comme la Russie, la Chine, l’Iran, L’Arabie Saoudite et le bloc occidental. Au coeur de ces situations sévissent des risques de plus en plus accrus d’utilisation d’armes de destruction massives telles les armes chimiques ou nucléaires.


Le terrorisme et le marché noir de l’armement ravivent les peurs les plus horribles en la matière : l’accès de ces groupes à l’arme atomique. Comment faire face à un terrorisme nucléaire ? En luttant contre ceux-ci et en renforçant les services de renseignements ainsi que leur coopération bien sûr. Mais le fait-on ? Comment coordonner nos efforts quand on utilise nos services pour s’ingérer dans le processus politique d’autrui ? Quand on finance et soutient des groupuscules terroristes soi-mêmes et quand on a pas de cohérence de bloc (je pense au Kurdistan et au turcs qui sont tous deux alliés des Etats-Unis) comment peut-on s’organiser avec ses concurrents stratégiques ?


A cela s’ajoute les risques aux différents flashpoints : Corée du Nord, Taïwan, Mer de Chine, Kashmir, etc … Les tensions montent en flèche également quand il s’agit de questions stratégiques entre grandes puissances : frontière UE-Russie, partage d’influence en Afrique, contrôle de l’océan pacifique …


Là où beaucoup voient et célèbrent une paix durable je voit l'effondrement d’un système comme un château de cartes … La fin du monde unipolaire, le vide laissé par la disparition de l’Union Soviétique, le renouveau du fanatisme et du nationalisme … La surexploitation des ressources naturelles et des personnes humaines … La haine et les frustrations qui s’emparent des esprits … La crise économique constante et persistante. Et bien sûr, la crise climatique. Car qui dit crise climatique dit amoindrissement des ressources disponibles … et la problématique de leur partage. De tout temps, quand une question de partage c’est elevée, elle a soit été réglé par l’accord (diplomatie commerciale) soit par la guerre. Lorsqu’il s’agit de survie, il est trop tentant de faire monter les prix quand on a les ressources et de les prendre de force quand on en a pas. Ce qui nous ramène à une logique de la loi du plus fort.


C’est ainsi que je vois l’avenir en ce XXIème siècle. Si ce n’est une guerre totale et généralisée avec l’usage d’armes nucléaires qui nous attend, ce qui nous attend est une multiplication des conflits, des crimes de guerre, de crimes contre l’Humanité avec ce qu’on peut appeler les Guerres Climatiques


Et ces guerres amèneront avec eux les fléaux des civilisations : les famines, les épidémies, la mort, mais aussi les mouvements de migration de personnes qui n’ont rien à perdre. Et pour rappel, de tels mouvements de personnes ont mis fin à l’âge de bronze, à l’Empire romain, au califat Abbasside, etc …


Alors pour éviter ces conséquences, il convient d’adresser d’abord le sort du premier des dominos : la Guerre. Pour garantir la paix internationale il faut absolument désamorcer les sources de tensions quelles qu’elles soient et essayer de préparer le marché des ressources du XXIème siècle. Une remise en cause du système politique et des valeurs est également inévitable … Sinon, ce sera la catastrophe, et celle-ci est déjà en marche ...


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