XXI : La Mort



La Guerre, la Famine, la Pestilence, toutes, apportent la Mort.


Mais dans notre cas présent la Mort symbolise plus que le cours normal des choses. Après tout l’Histoire humaine est remplies de guerres, de famines et de pandémies … Et même en temps de paix tout le monde meurt. La mort est inévitable. Et la combinaison néfaste de Guerres, Famines et Épidémies n’est pas non plus quelque chose de nouveau dans notre Histoire. Pensez donc à la Peste Noire qui survient en France en pleine Guerre de Cent Ans et pendant des famines causées par les chevauchées anglaises.


Ce qui est nouveau au XXIème siècle est qu’il y aura un excès de morts sans précédent. Et celui-ci ne concerne pas que les humains mais l’ensemble de la vie sur Terre. Je veux parler bien sûr de l’Anthropocène.


Qu’est-ce que l’Anthropocène ? Eh bien dit simplement c’est une extinction de masse provoquée par les changements brutaux des écosystèmes causés par l’activité humaine. Le réchauffement climatique en fait partie mais il n’en est pas le seul facteur.


Avant de parler de la catastrophe climatique, il faut déjà se rendre compte que nous avons exterminé des espèces entières via la chasse, le braconnage ou la déforestation. Nos monocultures, nos modifications apportées à l’environnement pour créer des champs ou des centres commerciaux, notre favoritisme envers certaines espèces animales plutôt que d’autres, ont déjà gravement modifié la biodiversité de notre planète.


Et ces pratiques ne sont pas sans risques également. Si une pandémie animale survient, elle pourra détruire intégralement une espèce tels que les boeufs ou les porcs vu que nous favorisons une espèce par rapport à une autre, diminuant ainsi la diversité génétique de ces animaux, qui est la première barrière face aux maladies nouvelles. Il est d’ailleurs ironique de voir que nous souffrons de la même chose … L’interconnexion des humains a eu pour résultat de diminuer notre diversité génétique également …


La solution pour sauvegarder la santé des plantes que nous mangeons, des animaux que nous élevons et de notre propre santé c’est bien sûr plus de science, plus de contrôle, plus de produits chimiques pour contrecarrer l’activité naturelle. Mais c’est bien ce qui nous a mis dans cette situation …


Pour éviter que l’environnement ne nous domine, depuis la nuit des temps on cherche à dominer l’environnement. Mais celui-ci trouve toujours un moyen de se jouer de nous. Ce qui nous encourage encore plus à le dominer. Nous jouons à un jeu de l'élastique avec l’environnement et à la fin, les perdants ce sera nous.


Mais parlons maintenant de la catastrophe climatique.


Premièrement, il faut comprendre que le réchauffement n’est pas de notre fait en soi. La température de la planète a tendance à changer tout au long de l’Histoire. Et même à l’état naturel, ces changements climatiques ont toujours eu des conséquences gravissimes sur notre civilisation. Que ce soit l’ère glacière, ou le réchauffement climatique de la fin de l’âge de bronze ou encore le petit âge de glace du XVI et XVIIèmes siècles, les changements climatiques nous ont toujours mis à rude épreuve.


Par exemple je vais parler des Guerres de Religion. Si celles-ci sont complexes, et que le contexte en est passionnant, il faut comprendre qu’elles surviennent pendant le petit âge de glace. Toutes les violences de cette époque sont, en réalité, une réaction d’une population affamée et d’une noblesse en constante crise économique à cause d’un perte de revenus, qui utilisent les nouvelles idées de Luther pour s’émanciper de la tutelle de l’Eglise et ainsi conquérir le voisin.


Le climat a toujours dicté notre Histoire.


Mais l’ironie aujourd’hui est sans pareille. Notre activité industrielle et notre modèle économique sont des accélérateurs du réchauffement climatique. En d’autres termes, nous sommes dans un désert avec le soleil au zénith alors que nous portons un manteau de fourrure et on se dit que la bonne idée serait de faire des pompes … Nous sommes hors contexte.


Si l’industrialisation avait eu lieu au XVIème siècle, notre modèle économique et productif auraient pû être la solution à la crise climatique. Si la température tombait de deux degrés et via l’industrie nous réchauffions la planète de deux degrés, nous aurions sauvé le climat pour nous même et les autres espèces animales.


Mais nous nous sommes industrialisés au pire moment.


Et ce n’est pas de notre faute ! Nous ne savions pas ce qui allait arriver. Mais maintenant nous savons, et on continue quand même à faire la même chose. Parce qu’on a l’habitude, parce que c’est confortable. Parce qu’on ne sent pas la crise arriver non plus. Au niveau individuel, si on est pas au Bangladesh en train de couler sous les eaux, ou si nos terres ne sont pas devenus arides comme en Afrique, on ne sent pas la crise monter.


Mais chaque année on voit des nouvelles incroyables. Pratiquement tous les ans les “événements climatiques extraordinaires” augmentent … Tornades, sécheresses, feux de forêt, etc … Des produits deviennent introuvables, des troubles se multiplient à nos frontières … Il faudrait être aveugles pour ne pas le voir.


Et tout peut encore basculer … dans le pire. En Sibérie du nord, pour la première fois depuis des millénaires, le sol gelé est en train de fondre. Cela a pour résultat de libérer du méthane, un gaz ayant des effets de serre 40 fois plus puissants que le gaz carbonique. On peut aussi parler des “eaux noires”, celles qui ont pour résultat de capturer la chaleur et ainsi accélérer la montée des eaux. Ou encore le fait que si les pôles fondent, ils ne pourront plus renvoyer les rayons du soleil dans l’atmosphère. Tout joue contre nous. L’horizon 2100 est devenu 2050 il y a deux ans, c’est désormais 2040. Encore un peu et ce sera demain.


Et nous, on regarde ailleurs …


Quel est le résultat de tout ceci ? La plus grosse extinction de masse de la vie sur Terre depuis la fin des dinosaures.


Je ne m’inquiète pas de l’avenir de la planète. Un jour la vie reprendra ses droits. Mais en attendant c’est plus 80% de la vie sur Terre qui risque de disparaître en moins de 100 ans. Et imaginez ce qui peut arriver si nos centrales nucléaires sont laissées à l’abandon, si nos armes nucléaires explosent, si nos armes chimiques sont libérées par accident dans la nature.


Si d’ici 1 million d’années la vie revient sur Terre, nous ne serons plus là. Par notre faute. Nous jouons notre survie. Et nous jouons notre survie parce qu’il est trop plaisant de s’acheter une nouvelles babiole dont on a pas besoin, et de voyager là où on doit pas être, pour exploiter indirectement quelqu’un qui se trouve dans une misère énorme, tout ça pour que des riches se remplissent les poches et consultant des psychologues car malgré leur fortune ils ne sont pas heureux.


Ce monde est devenu un immense asile de gens qui font tout pour oublier. Oublier quoi ? Ce que ça leur coûte d’oublier, ce que ça va leur coûter à l’avenir, et ce qui va leur arriver :


La Mort.


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